Honte d'un énurétique à l'hopital

J'ai fait pipi au lit jusqu'à l’âge de 15 ans, pendant les vacances de pâques j'ai dû passer 6 jours à l'hôpital pour une intervention chirurgicale.
Je suis arrivé un matin, mon opération s'est terminée en fin d'après-midi et on m'a remonté dans la chambre (3 lits dont 2 occupés).

Le lendemain matin j'avais mouillé mon lit (j'attendais que mon voisin de chambre se lève pour tenter de cacher le drap et le pyjama sale). Dès qu'il entra dans la petite salle de bain, je me suis levé, j’ai changé de pyjama (pas si facile avec la cicatrice qui fait mal) et j’ai roulé en boule le drap en essuyant la housse imperméable. Puis j’ai tout caché sous le lit.
A sa sortie de la salle de bain, je suis allé prendre ma douche (pourtant marcher faisait très mal).
Malgré tout difficile de cacher l'odeur...
Un peu plus tard une femme de ménage entre et commence à passer la serpillère, bien entendu elle découvre le drap en boule, commence à l'ouvrir et comprend. Elle n’a rien dit et l'a emporté. Mon voisin de chambre n’a rien vu...

Dans le courant de la matinée une infirmière arrive pour examiner la cicatrice et changer le pansement (mouillé). Elle me demande si j'ai fait pipi au lit et je deviens rouge pivoine en répondant que oui (le voisin de chambre commence à rigoler). L'infirmière dit ce n’est pas grave, que juste après l'opération et l'anesthésie ça arrive assez souvent. Mais elle m’a demandé d’éviter de cacher mes affaires sales sous le lit...

A la maison je portais des changes complets la nuit, j'en avais dans mes affaires mais le second soir soir je n’ai pas osé en mettre parce que ça fait un gros cul et du bruit : impossible à cacher sous le pyjama.

Évidement le lendemain matin à nouveau pipi au lit... Mon voisin de chambre à peine réveillé me dit "ça pue! T’as encore pissé au lit !". Cette fois je change de pyjama et je laisse les draps sales dans la salle d'eau.
A peine la femme de ménage entrée il dit "pas la peine de chercher sous le lit, il les a les a mis dans les toilettes".

Visite de l'infirmière (toujours en présence du voisin) : "fais-tu souvent pipi au lit chez toi ?", je redeviens rouge pivoine en bafouillant "euh... ça m'arrive" "combien de fois par semaine ?" je répondis tout bas "tout le temps". Pendant ce temps le voisin de chambre était mort de rire. L'infirmière m’informa alors que mes parents venaient cet après-midi et qu’ils parleraient de ça avec le médecin...

L'après-midi, discussion dans le bureau du médecin :
- Madame votre enfant fait il pipi au lit ?
- Oui il n'a jamais eu une nuit au sec, on en a parlé au médecin de famille, il a eu un médicament (sans effet). Il doit dessiner un soleil ou un nuage selon résultat... mais à plus de14ans c'est un peu puéril, et de plus il n'y aurait jamais de soleil !... Notre médecin nous a dit que ça passerait forcément avec la puberté.
- Porte il des couches ?
- Oui
- Ça l'infantilise, il faut arrêter ça, désormais plus de couches, tu vas penser très fort que c'est toi le patron et pas ta vessie : le pipi au lit c'est dans ta tête que ça doit se guérir !

Un peu plus tard dans l’après-midi, bonne et mauvaise surprise, mon voisin de chambre est parti, mais un autre (endormi) le remplace !
Le soir en remportant le plateau repas, l'aide soignante me donne une alèse absorbante jetable et me dit : tu places ça sur ton matelas.

Je m'exécute donc... Le matin suivant nouvelle honte (retardée le + possible) car obligé de me lever avec un pyjamas mouillé, d'aller en prendre un propre dans mes affaires et de retirer l’alèse mouillée devant le voisin de chambre réveillé car il ne pouvait pas se lever...

Les 3 soirs suivants obligé d'installer le carré d’alèse et chaque matin de vivre avec ma honte... Le nouveau voisin de chambre n'avait que 9 ans donc assez facile de lui dire "OK je pisse au lit, mais si tu te moques, malade ou pas je j’explose".

L'avant dernier jour je trainais dans les couloirs, en passant devant le bureau des infirmières j'en entend une dire à ses collègues "tu vois c'est lui le petit jeune homme dont je t'ai parlé qui fait encore pipi au lit".

En gros tous le service était au courant de mon secret. Un enfant et encore pire un ado énurétique a sans arrêt la crainte que ce petit handicap soit rendu public. Et là on pouvait vraiment pas faire pire...


Histoire envoyée le 03/01/2012 à 17h35 - Notée 5.00 / 5

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Les commentaires

Par moi au [visiteur] le 28/01/2012 à 02h10

Je comprends ta honte sur le moment, mais dis toi bien qu'il y a beaucoup plus de gens dans cette situation que tu ne le crois. Tu ne connais personne d'autre ? Réfléchis au nombre de personnes qui connaissent ton secret... Simplement ce n'est pas quelque chose dont on parle. Mais si les grands magasins vendent des couches pour la nuit jusqu'à 15 ans c'est qu'il y a de la demande... (les couches pour adultes on peut toujours dire que c'est pour les personnes âgées seulement, ce que je ne crois pas).

Bon courage avec ton problème et j'espère que ça sera vite fini pour que tu n'aies pas d'autres grosses hontes...

Par thibault77 [visiteur] le 28/01/2012 à 03h52

Je te comprend. J'ai moi même souffert de ce problème d'énurésie, jusqu’à l'âge de 9 ans et demi. C'est quelque chose de difficile à vivre et de perturbant. Il m'arrivais, par période, de ne pas faire pipi au lit, puis ça recommençait. Une fois, j'avais participé à une sortie avec mon école. On devait passé une nuit sur place. J'ai hésité à y aller, puis je me suis dit que pour une nuit, je parviendrais à me contrôlé, d'autant que ça faisait quelque jours que je ne mouillé pas mon lit. Mais ce qui devait arrivé arriva. J'ai fait pipi au lit. Le matin, j'ai essayé de la jouer discret. Seulement, au moment où les accompagnateurs faisaient l'appel avant le départ, mon institutrice a annoncé devant tout le monde que j'avais fait pipi au lit. tous les gamins se son mis à ricaner en me montrant du doigt. Je me suis senti horriblement humilié. Pendant des semaines, toute ma classe se moquait de moi, en me disant que je devrais mettre des couches.
Arrivé en CM2, j'ai participé à un nouveau voyage scolaire. Je n'avais plus de problème la nuit depuis quelque mois. Le premier soir, cette même institutrice m'a dit, à nouveau à voix haute devant tout le monde : "J'espère que tu ne fais plus pipi au lit, sinon je te met une couche devant tout le monde". Bien entendu, les autres se sont moqué de moi.
L'énurésie est un problème délicat. L'enfant qui mouille son lit a besoin qu'on le rassure, qu'on l'aide à prendre le dessus sur son problème pour qu'il puisse reprendre confiance en lui, mais surtout pas qu'on se moque de lui. L'humiliation est un sentiment que l'on oubli jamais. Certains adultes peuvent être parfois plus cruels que les enfants, qui ne sont pas tendres entre eux.

Par lili59 [visiteur] le 31/01/2012 à 10h33

Ce n'est pas juste et je suis complètement d'accord que l'enfant ne sois pas humilié , il faut le rassurer.

Par aaaaa [visiteur] le 02/02/2012 à 01h31

J'ai moi même connu ce problème. Je partage tout à fait le commentaire précédent. J'ai fait pipi au lit jusqu'à 10 ans, et je vivais mal cette situation. Je me sentais sale, ce qui est dévalorisant pour un enfant. Mon médecin avait déconseillé à mes parents de me faire porter des couches, pour ne pas m'infantiliser, et ne pas m'infliger une humiliation supplémentaire.
Mon angoisse était que d'autres apprennent ce secret dont j'avais honte. Je perdait vraiment confiance en moi. Les traitements médicaux étaient globalement inefficaces.
Un enfant qui souffre de ce problème a besoin d'être rassuré, mais aussi d'un peu de fermeté. Un jour, mon médecin a demandé à ma mère si je faisait encore pipi au lit. Elle a répondu que oui. Ils ont brièvement discuté de ce problème entres eux. Moi, je n'arrivais pas à en parler, j'avais honte de moi. Le médecin a fait sortir ma mère de la pièce, afin que nous ayons une discussion "entre hommes". Il me disait que j'étais à présent un grand garçon, fort, que j'avais en moi les ressources nécessaires pour combattre ce problème, donc fini les traitements, il m'appartenait de"prendre le taureau par les cornes", je ne devais pas me laissais aller et me battre. Il me disais qu'il croyait en moi, et qu'il fallait qu'à mon tour, je crois en moi, car j'étais courageux... Il a donc trouvé les mots justes, en me responsabilisant. Il disait que s'il m'arrivait encore de mouiller mon lit, je devais me dire que c'était la dernière fois, et que je ne devais pas me décourager. Je l'ai écouté, et je l'ai cru. Je me sentais plus confiant, plus fort après cette conversation. Les effets n'ont pas été immédiats, mais je croyais en moi, je savais que je pouvais combattre ce problème. Au bout de quelques jours, je ne mouillais définitivement plus mon lit. Ce médecin avait su me rassurer, et me convaincre que j'étais suffisamment fort, en s’adressant à moi comme à un "grand".

Mais j'ai cependant longtemps souffert de ce problème, même lorsqu'il a cessé ,qui m'a affecté dans mon épanouissement. J'ai longtemps eu une image dégradante de moi, je me sentais à part des autres. J'ai mis du temps à reprendre le dessus, et à retrouver confiance en moi. Les problèmes de pipi au lit laissent parfois certaines cicatrices....

Par enur-hopit [visiteur] le 22/02/2012 à 16h42

Merci de vos soutien, je suis guéri depuis 1 an et demi grâce à l'alarme qui sonne quand ça arrive. Je sais bien qu'il y a pas mal d'ados avec ce problème mais quand ça guérit pas, c'est la honte. J'ai aussi eu d'autres hontes (à chaque fois que ça se savait en dehors de la famille...) mais celle la a était la plus forte...Les cicatrices sont pas vraiment refermés : difficile d'aller vers les autres et manque d'estime en moi même...

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